Discours du Chef d'Etat-Major de la Gendarmerie Nationale du Burkina Faso
Le Chef d’Etat-Major prononçant son discours à sa prise de fonction le 22 octobre 2021

 

« Avant tout propos, je voudrais rendre grâce à Dieu pour ce qu’il a fait et pour ce qu’il fera pour ma petite personne et pour le grand peuple burkinabè.

Ce dit, Monsieur le Chef d’Etat-Major Général des Armées, je voudrais, avec votre autorisation, exprimer ma gratitude au Chef de l’Etat, Chef Suprême des Forces Armées Nationales, pour m’avoir nommé aux fonctions auxquelles je suis en train d’accéder actuellement et mes remerciements à Monsieur le Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants pour la confiance ainsi placée en moi.

Je vous prie également, Monsieur le Général de Brigade, Chef d’Etat-Major Général des Armées, d’accepter mes admirations pour votre nomination par rapport à laquelle je resterai à mes devoirs.

Mesdames et messieurs, il y a des moments dans la vie des hommes où le cours de l’histoire prend le pas sur les cours et les ombres des longs discours.

Aussi, vais-je me contenter de prononcer un simple mot en m’appuyant sur un seul mot. Ce dernier mot c’est le mot ‘défi’.

Le premier défi qui saute à l’œil de tous, c’est évidemment le défi sécuritaire. En effet, dans certaines zones de notre pays, la criminalité a été portée à l’échelle d’une terreur qui endeuille, qui inquiète et qui suscite des interrogations. Tout en m’inclinant devant la mémoire de chacune des nombreuses victimes enregistrées dans les rangs de la Gendarmerie Nationale et dans d’autres rangs, je garde le regard fixé sur l’impérieuse nécessité de contribuer utilement à la recherche de résultats concrets. Seuls de tels résultats peuvent arrêter ces deuils, lever ces inquiétudes et donner des réponses claires à ces interrogations. C’est là un défi majeur.

Le deuxième défi qui me vient à l’esprit, c’est le défi organisationnel. Après une soixantaine d’années d’existence, la Gendarmerie Nationale Burkinabè a atteint un niveau de croissance tel que les questions relatives à sa structuration et à son encrage auprès des populations et des institutions, se posent comme une alternative souhaitable. Une telle alternative, Monsieur le Chef d’Etat-Major Général des Armées, ne peut se réaliser qu’à travers une vision et une dynamique partagées pour lesquelles je sais pouvoir compter sur votre expérience et l’esprit d’ouverture dont vous avez toujours fait montre depuis la nuit des temps. C’est aussi un défi important.

Le troisième et dernier défi qui coule de source, c’est le défi professionnel. Dans un monde, et en particulier une Afrique en pleine mutation, la recherche de l’excellence et donc du professionnalisme se présente aux Hommes et aux organisations comme une voie incontournable à même de conduire vers un développement durable. Mieux, la justice apparait de nos jours et à notre ère comme la clé de voute pour le mode de gouvernance de sociétés apaisées. J’adresse mes vives félicitations aux personnels de la Gendarmerie Nationale pour les efforts et les sacrifices consentis aux côtés des autres forces pour la présentation de l’intégrité du territoire national. En tant qu’auxiliaires de justice, les gendarmes se doivent, tous ensemble, d’éviter les sentiers tortueux et sombres de la médiocrité, de la facilité et des raccourcis, afin d’emprunter ceux plus nobles de la rigueur morale, de la rigueur comportementale, de la rigueur militaire et de la rigueur dans l’application des lois et règlements de nos pays ; et ça, ce n’est pas forcément gagné. C’est donc là un défi constant, un défi de tous les jours.

Tout au long de ma carrière à la Gendarmerie Nationale Burkinabè, j’ai eu l’occasion de rencontrer des officiers et des sous-officiers compétents, dévoués, dynamiques et exemplaires. Certains sont, fort heureusement, encore dans les rangs, d’autres sont à la retraite ou en disponibilité et quelques-uns nous ont malheureusement devancés dans l’au-delà. C’est d’ailleurs le lieu pour moi de m’incliner devant la mémoire du premier Gendarme burkinabè, le colonel à la retraite HIEN Tiéboun Apollinaire qui nous a quittés il y a juste quelques jours. Il a porté le numéro d’incorporation 001 et est ainsi entré dans l’histoire de notre Gendarmerie.

Pour relever les défis ainsi énoncés, nous aurons besoin de cohésion. D’abord en interne, je me dois de m’appuyer sur l’expérience des illustres prédécesseurs à la tête de la Gendarmerie Nationale, dont le dernier est mon frère et ami Omer TAPSOBA avec qui j’ai eu des moments de collaboration et à qui je souhaite tous les meilleurs possibles. Comme les autres, je sais qu’il a donné le meilleur de lui afin que la Gendarmerie conserve ses piliers. La cohésion à rechercher est une cohésion non pas basée sur une région, une religion, une ethnie ou un clan ; mais une cohésion qui puise ses racines dans les valeurs et les principes qui fondent nos missions individuelles et collectives.

Il me semble également bon que la cohésion soit entretenue avec nos confrères militaires et paramilitaires dont je salue la présence ici parmi nous et avec qui nous partageons des parcelles de responsabilités respectivement en matière de défense et de sécurité intérieure.

Pour terminer mon propos, je voudrais dire à mon épouse, à ma fille et aux autres parents et amis ici représentés que j’aurai besoin d’un accompagnement de proximité afin de mener à bien les tâches qui me sont dévolues ; tant les cellules familiales et amicales jouent un rôle important dans l’équilibre socio-professionnel des fragiles êtres humains que nous sommes parfois. Mais j’aurai aussi besoin d’une bonne compréhension pour mes absences à certaines occasions, car je vais devoir chercher une nouvelle paire de chaussures pour courir à la rencontre de personnes et de personnalités à qui je devrais m’associer pour rechercher les voies et moyens pouvant conduire à la tranquillité publique à laquelle nous aspirons tous.

Merci à toutes et à tous pour votre bien aimable attention !

Pour la Patrie, la Loi et l’Honneur. »